Top 5 2011 des rédacteurs

        Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, Top 5 2011 des rédacteurs       Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, Top 5 2011 des rédacteurs     Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, Top 5 2011 des rédacteurs

Pour la cinquième année consécutive (on commence à faire vieux, ça y est !), les rédacteurs de cinécri vous font part de leur cinq coups de coeur de l'année. Comme d'habitude les avis se recoupent et divergent également...




Andrew Desmond 


Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, Top 5 2011 des rédacteurs


1) Les Aventures de Tintin, le secret de la Licorne de Steven Spielberg

Inventif, jouissif et d’une énergie folle furieuse, l’adaptation du célèbre personnage de Hergé par Steven Spielberg s’avère être une franche réussite en majeure partie grâce à la mise en scène détonante du cinéaste. Tout comme Robert Zemeckis, Spielberg trouve une seconde jeunesse grâce à l’utilisation de la performance capture (parfait compromis pour un tel projet à mi chemin entre l’animation traditionnel et l’adaptation live) et de la 3D. Tout ce que Indiana Jones 4 aurait du être et bien plus !

 

2) Rango de Gore Verbinski

Film mystique sur un caméléon tourmenté par des questionnements existentiels, Rango est avant toute chose un film d’animation virtuose d’une originalité et d’une intelligence rare. D’une grande beauté visuelle, le film aborde notamment la question du personnage au sein d’un récit tout en s’inscrivant dans une certaine actualité historique et politique (la crise économique, l’environnement, le fanatisme religieux…). Sans aucun doute le meilleur film de Gore Verbinski.

 

3) Drive de Nicolas Winding Refn

Ne racontant au final pas grand-chose, le nouveau film de Nicolas Winding Refn s’avère pourtant être un des films les plus singuliers et jouissifs de l’année. Mélangeant douceur et violence grâce à une réalisation  d’une maîtrise étonnante, ce polar « à la seventies » nous révèle par ailleurs une nouvelle icône en devenir, Ryan Gosling.

 

4) La Piel que Habito de Pedro Almodovar

 A la fois dérangeant et bouleversant, le maître espagnol signe un remake inavoué des « Yeux Sans Visage » de Georges Franju qu’il réinterprète à sa propre sauce avec brio et poésie. Cronenberg n’est pas loin non plus (et il en est sans doute jaloux !) et le film est à voir ne serait ce que pour la beauté de Elena Anaya ainsi que la présence de Antonio Banderas dans son premier vrai rôle depuis bien longtemps.

 

5) The Artist de Michel Hazanavicius

Indéniablement le meilleur film français cette année, The Artist s’impose tout d’abord comme étant un hommage formidable au cinéma Hollywoodien muet ainsi que celui des années 30, 40 et 50. Respectant tous les codes et conventions des genres cinématographiques de l’époque, Michel Hazanavicius signe un film tendre, drôle et émouvant avec un Jean Dujardin qui décidemment ne cesse de prendre de la bouteille avec le temps.

 



 Ronan Le Treste


Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, Top 5 2011 des rédacteurs


1) Happy Feet 2 de George Miller

 

Quand le Dr. George Miller s'attaque à une suite, il ne fait jamais dans la dentelle. A l'instar de Mad Max 2 et Babe:Un cochon dans la ville, qui surpassaient déjà leurs modèles, Happy Feet 2 abandonne la voie de la quête initiatique de son héros et ose le remettre en question en le transposant dans un nouveau type de société, sauf que cette-fois ci le nouveau modèle social n'est autre que celui crée par Mumble à la fin du premier film. Adieu le seul contre tous et la parabole écologique, ici la Nature devient l'ennemi (la fonte des glaces enferme le peuple manchot en zone de quarantaine) et ce sera à la communauté toute entière, du microscopique au gigantesque, d'unir ses talents pour sortir de la crise. Un message clairement humaniste, allant même jusqu'à proposer des questions métaphysiques via la crise identitaire de deux krills (joués par Brad Pitt et Matt Damon), aussi hilarant que culotté pour un programme principalement destiné aux enfants. D'aucuns diront qu'il ne s'agit que de pingouins qui chantent, tant pis pour eux. Pour ceux qui sauront y voir les différents niveaux de lecture, l'émotion brute à même de faire secouer les cœurs de glace à coups de claquettes, le fun et la réflexion, le tout enrobé d'une mise en scène continuellement inventive, vous feront passer deux heures d'anthologie. Le Cinéma devrait toujours ressembler à ça.

 

2) Detective Dee et le mystère de la flamme fantôme de Tsui Hark

 

Un retour en force pour le cinéma d'action intellectuellement maîtrisé, à mi-chemin entre le serial et le thriller fantastique, et pour son auteur, Tsui Hark,  qui signe ici son meilleur film depuis Time & Tide. Cette adaptation des romans de Robert H. Van Gulik narrant les aventures du Juge Ti, pendant chinois de Sherlock Holmes basé sur une véritable figure historique du XVIIIème siècle, aussi efficace qu'accessible, offre un condensé de ce que chérit le réalisateur, qui nous prouve par là-même que recettes du passé et modernité ne sont pas incompatibles. Autant dire qu'au vu de sa forme, son prochain défi, celui de faire passer la Chine à la 3D avec son remake de l'Auberge du Dragon, risque de faire très mal.

 

3) Les Aventures de Tintin, le secret de la licorne de Steven Spielberg

 

Les yankees, en bons despotes planétaires qu'ils sont, ne se sont pas privés pour violer notre beau patrimoine franco-belge. C'est l'âme en peine que nous pleurons les succès bien de chez nous tels que la formidable trilogie entamée par l'Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi ou encore plus récemment Les Daltons, œuvre introspective que n'aurait pas renié Ingmar Bergman. En attendant Sur la piste du Marsupilami qui saura, à n'en point douter, redonner sens à l'exception culturelle française, nous devons nous contenter de ce Tintin aux airs de montagnes russes, dont la mise en scène ostentatoire est encore une fois signé par le puéril Steven Spielberg qui s'acharne depuis plus de quarante ans à nous vendre des happy meals. L’œuvre culte d'Hergé méritait mieux que cette bouillie numérique hystérique à l'animation grossière, que seuls les enfants les moins exigeants sauraient trouver plaisante. Retournez à vos gros robots et à vos dinosaures, Mr.Spielberg.

 

4) Balada Triste de Alex de la Iglesia

 

Après son essai au film international avec l'impersonnel Crimes à Oxford, Alex De La Iglesia nous revient énervé, très énervé. Celui qui avait commencé sa carrière avec des œuvres anarchistes comme Accion Mutante ou anticléricales comme Le jour de la Bête s'était relativement assagi avec des comédies de mœurs (Mes chers voisins, 800 balles, Le Crime Farpait) où les références à ses idoles (Leone, Hitchcock) l'emportaient sur le fond. Avec Balada Triste, De La Iglesia signe une œuvre somme, mélange de comédie noire, de romance, de films de monstres, pour invoquer et tuer le spectre du franquisme qui plane toujours dans la mémoire de son pays, à l'aide de deux bâtards du fascisme, clowns de leur état, qui devront arracher leur maquillage faussement jovial pour accepter leur violence naturelle et ainsi se battre pour les beaux yeux d'une femme (L'Espagne?). Grotesque, hystérique et peu avare en références historiques (l'opération Ogro perpétré par l'ETA, El Lute, entre autres) qui risquent de passer au-dessus des spectateurs non-hispaniques, Balade Triste se montre difficile d'accès, mais ô combien singulier et important pour la carrière de son auteur et pour le cinéma ibérique en général.

 

5) Insidious de James Wan

Le papa de Saw nous revient après son excellent Death Sentence avec une nouvelle bobine horrifique. Aussi bourré d'influences que sa dernière incursion dans le genre (Dead Silence), Insidious se veut néanmoins nettement plus efficace à défaut d'être intouchable. Œuvre bicéphale où se heurtent l'épouvante 1er degré à celle de foire (grotesque, à mi-chemin entre la maison hantée de Disneyland et Poltergeist, en passant par des références directes aux Griffes de la nuit), le mélange a de quoi faire peur dans le mauvais sens du terme, et pourtant... À l’heure où le cinéma fantastique peine à imprégner momentanément nos esprits, qu'il est bon de retrouver nos peurs enfantines, de celles qui nous font guetter la présence étrangère dans notre chambre en priant l'arrivée du sommeil. James Wan continue à faire le petit malin, mais tant que ça fonctionne, qui irait s'en plaindre ?

 



Edouard Houilliez 


Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, Top 5 2011 des rédacteurs

 

1) Shame de Steve Mc Queen

Long plan séquence de Times Square au Madison Square Garden. Huit rues de distances où Brandon (hypnotique Michael Fassbender) fait son footing sur fond de musique classique. On n'avait jamais été autant dans la tête d'un personnage durant ses errements nocturnes et ce depuis Eyes Wide Shut. Tom Cruise vagabondait pour sortir sa femme de sa tête, le héros de American Psycho, en bon prédateur, chassait les femmes telles des proies. Brandon lui est un parfait mélange des deux : il chasse une proie sexuelle parce qu'il n'a que ça en tête. Et dès lors, le spectateur accompagne cet homme plus victime que bourreau. Victime de ne pas pouvoir donner plus qu'une nuit. Victime d'une agonie face à la seul femme à laquelle il ne peut céder : sa soeur. Victime de n'être qu'une "une bête" de sexe au sein de ce New York nocturne et déshumanisé qui peut faire très mal. Le personnage de Carey Mulligan est le parfait vecteur de cette idée. Elle peut commencer la nuit immortalisée par la sublime reprise de "New York, New York", il faut voir dans quel état la retrouve son frère au petit matin. Sur une variation proche de la folie et situé dans la même ville fantomatique, Shame vient faire beaucoup d'ombre au dernier Aronofsky, Black Swan. L'un se prend pour Kubrick, l'autre l'est. Pourtant promise à l'ultime marche de ce top, la ballerine peut aller se rhabiller.

  

2) Drive de Nicolas Winding Refn

Un film qui possède en lui l'ADN du thriller haut de gamme. Un héros campé avec classe par Ryan Gosling qui, tel le Samourai de Melville, n'a pas besoin de longues tirades pour s'exprimer. Des courses poursuites haletantes qui n'ont rien à envier à celle de Bullit. Des méchants vicieux tout droit sortis d'un film de Scorsese. Des prises de vue nocturnes épousant le style de Michael Mann. Une bande originale riche et variée digne d'un Tarantino. Certes à force de trop saturer son esthétique en ralentis, cuts et autres effets de styles, le réalisateur gagne autant en temps qu'il perd en substance (le scénario tiendrait sur un timbre poste). Mais ce qu'il perd sur le papier, le film le rattrape par la justesse de ses interprètes : du sanguin Albert Brooks à l'innocente Carry Mulligan, ceux-ci vont chacun leur tour influencer le personnage de Gosling qui oscillera constamment entre deux extrêmes. Après avoir embrassé l'innocence (scène de l'ascenseur), le cascadeur va progressivement la perdre et se salir les mains tel son ennemi. Ou comment la love store devient une descente aux enfer sous adrénaline. Samuel Fuller disait qu'un bon film se décline en 3 mots : Amour, Haine, Action. Drive en est la parfaite illustration.

 

3) The Artist de Michel Hazanavicius

The Artist compense à lui seul tous les manques de cette année 2011. Vous avez été déçu par Tintin et Milou? Admirez l'alchimie entre Jean Dujardin et son chien bien plus réelle que dans l'oeuvre numérique de Spielberg. Vous n'en pouvez plus d'attendre le prochain Batman? Jubilez devant la touchante relation de ce "super-héros du muet" avec son majordome. Plus rien ne vous fait rire au cinéma? Revenez aux sources avec le bon vieux burlesque qui fit la gloire des Chaplin et autres Keaton. Vous ne trouvez plus aucune actrice jolie? Essayez de ne pas tomber amoureux face au charme de Berénice Béjo. Vous en avez marre des acteurs toujours bloqués dans le même registre? Observez comment le sourire de Jean Dujardin s'éclipse pour faire face à un homme profondément marqué. Enfin vous trouvez que les scripts actuels manquent de ********? Remerciez Michel Hazanavicius d'avoir eu la volonté de pondre ce petit chef d'oeuvre qui ressuscite la superbe du cinéma d'antant avec amour et respect. Si après tout cela vous n'êtes pas satisfaits, il y a toujours Transformers 3.

 

4) Tree of life de Terrence Malik

Souvenez-vous de cette phrase prononcée par Jeff Goldblum dans Jurassic Park : "Les dinosaures ont eu leur chance, c'est la nature elle même qui les a fait disparaitre". Malick/Malcolm même combat. Le cinéaste d'exception vient compléter la phrase du scientifique de fiction en nous rappelant à travers chaque plan/idée que la nature n'en a pas fini avec nous ni avec notre univers. Le nous, la nature, l'univers….le dernier Malick est un berceau de vie et de philosophie. En résulte cette prière à Dieu qui invoque l'infiniment grand (les planètes) comme l'intimement petit (le lien filial). Malick dresse à la fois la synthèse de tout (pour ceux qui l'auront compris) et de rien (les réfractaires…). Force est de reconnaître là le film le plus ambitieux jamais pensé qui, s'il ne contente pas tout le monde de la même manière, a au moins le mérite de poser les bonnes questions quant à l'essence de l'humanité, son avenir et ce qu'il en restera. Comblé ou pas, on en ressort éprouvé!

 

5) Hugo Cabret de Martin Scorsese

Un membre de la rédaction joue dans le film alors on se sent un peu obligé…plus sérieusement pourquoi le film de Martin Scorsese vient clore ce top 5 et piquer la place aux X-Men et autres Warriors? Des images un peu trop enfantines pour des adultes et des passages un peu trop violents pour des enfants. Scorsese prend le parti pris de rester fidèle à l'oeuvre de Selznick pour courageusement faire un film tout public qui n'en est pas un! Hugo réconcilie et fédère les différents publics autour d'une 3D qu'on n'avait jamais vu aussi pertinente sur grand écran. L'outil se marie aussi bien aux images de Scorsese (formidable plan séquence en introduction) qu'à son propos. Et quel plus beau propos que celui de la conservation des oeuvres d'art à travers les époques. Et le réalisateur de restaurer le voyage sur la lune de Méliès en 3D pour susciter le même émerveillement qu'à l'époque! Ceux qui parlent d'un Scorsese mineur ont tort, c'est l'oeuvre la plus personnelle de son auteur car elle se focalise sur ce qu'il a toujours été : un défenseur du cinéma.

 


jeudi 12 janvier 2012 12:08


"Hugo Cabret" de Martin Scorsese

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Hugo Cabret" de Martin Scorsese

Durée : 2h08

Sortie le 14 décembre 2011

 

Désormais en 2011, seule une poignée de cinéastes des années 70 continuent toujours et encore à maintenir un niveau soutenu de qualité et de fraîcheur dans leur filmographie. Si certains commencent à flancher (Clint Eastwood, Ridley Scott…), d’autres se renouvellent : Francis Ford Coppola (L’Homme sans Âge, Tetro), Steven Spielberg (Tintin) et bien évidemment Martin Scorsese. Après s’être attaqué au film de gangster (Les Affranchis, Casino, Mean Streets,…), le polar (les Inflitrés), le thriller (Shutter Island, Les Nerfs à Vif), le biopic (Raging Bull, Aviator), la satire (King of Comedy) ou encore la fresque historique (Gangs of New York, Le Temps de l’Innocence…), Scorsese s’attaque au film familial. Choix surprenant venant du réalisateur de Taxi Driver mais qui, peu à peu, alors que le film se déroule, prend tout son sens, le cinéma se révélant être le véritable noyau du film.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Hugo Cabret" de Martin Scorsese

 

Dans le Paris des années 20, un jeune orphelin Hugo cabret (Asa Butterfiled) vit dans la Gare Montparnasse et remonte les horloges depuis le décès de son père. Il fait la rencontre d’une petite fille Isabelle (Chloe Moretz) qu’il l’aidera à résoudre le mystère d’un robot mécanique et d’un vieillard étrange, George (Ben Kingsley).

 

Adapté du roman de Brian Selznick, « The Invention of Hugo Cabret », on qualifiera le nouveau film de Scorsese comme étant sans doute le film le plus « Spielbergien » (voir même « Burtonien » par moments !) qu’il ait réalisé car le plus enfantin et le plus magique. S’attaquant donc à un genre qui lui est complètement étranger, il s’attaque également à l’utilisation de la 3D, outil pouvant servir à première vue de prétexte commercial mais qui s’avère être totalement légitime et pertinent au final, le film parlant d’artifices, d’effets spéciaux et de cinéma et aussi particulièrement efficace. Tout comme Robert Zemeckis, Scorsese parvient à trouver une seconde jeunesse grâce à la 3D, le relief veant parfaitement se marier à sa mise en scène ample, fluide et virtuose (plans séquences, raccords dans l’axe, travelling compensés, ralentis et mouvements de grue impressionnants figurant parmi les nombreux effets de style du film !). On évoquera de ce fait le travail d’orfèvre de la part des collaborateurs habituels de Scorsese, de la lumière de Robert Richardson au montage de Thelma Shoonmaker en passant par la musique superbe de Howard Shore et aux décors somptueux de Dante Ferretti. Au jeu, un Ben Kingsley magistral interprète le cinéaste déchu, Sacha Baron Cohen un inspecteur de gare pouvant sortir tout droit d’un roman de Charles Dickens et pour conclure le duo d’enfants Chloe Moretz et Asa Buterfield qui nous surprendra plus d’une fois (malgré la bande annonce catastrophique du film !). Jude law, Christopher Lee (petite apparition en bibliothécaire), Ray Winstone et Michael Stuhlbarg complètent le casting à travers de petites apparitions plaisantes dans des rôles secondaires.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Hugo Cabret" de Martin Scorsese 

Le récit évoquant le cinéma et le temps qui passe, le metteur en scène ne maquera pas de nous gratifier de multiples références : Harold Lloyd (le personnage suspendu à l’horloge), L’entrée en Gare de la Ciotat des Frères Lumières (le train venant percuter les spectateurs en 3D, hommage ultime au pouvoir visuel du cinéma), Charlie Chaplin, Buster Keaton, D.W. Griffith, Cinema Paradiso (le rapport entre l’enfant et le vieillard évoluant autour du 7èeme art), Les Aristochats de Walt Disney (la vision très romantique est fantasmée du Paris des années 20) et pour conclure Fenêtre sur Cour (l’enfant qui observe la vie et les différents personnages évoluer à l’intérieur de la gare). Par ailleurs, l’histoire de Méliès vue à travers le prisme d’un flashback bouleversant aux ¾ du film véhicule un des discours chers à Scorsese : l’hommage et la préservation du patrimoine filmique. On regrettera néanmoins quelques longueurs assez mal venues (sur les 2h du film, on aurait pu se passer d’une vingtaine de minutes) et l’on ressent malgré tout que l’histoire des enfants intéresse beaucoup moins le réalisateur que celle de Méliès et donc de la magie que procure le défilement d’images à travers un projecteur.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Hugo Cabret" de Martin Scorsese 

 

Peut-être pas du même niveau qu’un Raging Bull ou un Goodfellas, Hugo Cabret s’avère néanmoins être un joli film sur le cinéma, profondément naïf mais totalement sincère où l’on ne cessera d’être émerveillé devant la maîtrise et le savoir faire d’un des plus grands cinéastes américains en activité.

 

Andrew Desmond


la Bande Annonce

dimanche 18 décembre 2011 23:58


"Time Out" de Andrew Niccol

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Time Out" de Andrew NiccolIn Time

Durée : 1h41

Sortie le 23 Novembre 2011

 

 

 

 

Il est toujours agréable de voir que des cinéastes à Hollywood continuent encore aujourd’hui à se creuser le citron pour essayer de pondre des scénarios un tant soit peu originaux à l’heure où les reboot, les adaptations, les suites et les spinoffs prolifèrent. Andrew Niccol fait partie de ces réalisateurs en question. D’origine Néo Zélandaise, le metteur en scène issu de la publicité en Angleterre lors des années 80 et 90 débuta sa carrière au cinéma en vendant le script de The Truman Show qu’il devait à l’origine réaliser avant que Peter Weir ne vienne le remplacer suite à la décision des studios. Suivirent son premier long-métrage, le brillant (et encore à ce jour son meilleur film) Bienvenue à Gattaca, le moins brillant mais néanmoins plaisant Simone, The  Terminal (dont il fut à l’origine du projet également avant l’arrivée de Steven Spielberg) et Lord of War. Sorte d’Affranchis dans le milieu des ventes d’armes avec Nicolas Cage dans le rôle principal, le cinéaste plaça la barre très haut en signant ce film à la fois hautement jouissif et subversif, d’une maîtrise considérable. Après cinq ans d’absence derrière la caméra, Niccol nous revient désormais avec son nouveau film, Time Out.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Time Out" de Andrew Niccol

 

En 2025 dans une société futuriste, le temps à remplacé l’argent comme monnaie courante. Une tasse de café équivaut à 3 minutes de vie et tout être humain est contraint de mourir à 25 ans si il ou elle n’obtient pas plus de temps sur son horloge bio mécanique. Will Salas (Justin Timberlake), un jeune ouvrier du ghetto se retrouve traqué par une milice, les « time keepers », le jour où il se retrouve avec plus d’un siècle sur le bras…

 

À partir d’un postulat de départ aussi original que réjouissant (le concept peut d’ailleurs rappeler celui de l’Age de Cristal de Michael Anderson réalisé en 1976), on ne pouvait qu'espérer que le film soit à la hauteur de ce que le réalisateur nous a habitué dans le passé. Malheureusement pour nous, ce n’est pas le cas et l’on se retrouve contraint d’assister à un film à moitié abouti. Là où Bienvenue à Gattaca évoquait un avenir où l’être humain, dans sa course à la perfection génétique, parvenait à contrôler de manière rigoureuse les naissances et leur l’ADN dans le but de créer une société parfaite, Time Out évoque l’écart grandissant entre les riches et les pauvres dans notre société actuelle. Véhiculant un propos  quasi Marxiste (redistribution des biens, égalité pour tous etc.) le film étonne par sa naïveté, notamment dans la deuxième partie du métrage. En effet, si la première est plutôt réussie et prometteuse (toutes les scènes d’exposition, l’introduction à cet univers et le concept du temps jusqu’à la séquence du casino), la deuxième se casse progressivement la figure en faisant succéder une multitude de scènes d’action assez molles et peu palpitantes entre deux braquages à la « Bonnie and Clyde ». En somme, une évolution assez maladroite où le récit s’essouffle de manière inéluctable (sans parler des jeux de mots agaçant et incessants sur le temps dans les dialogues), le tout se culminant sur un final assez bâclé et décevant.

 

 Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Time Out" de Andrew Niccol

 

Il aurait pourtant semblé qu'un tel sujet se prête davantage à des questionnements plus profonds et philosophiques que son simple axe politique qui s'avère donc assez simpliste au final. En termes de mise en scène, malgré une image soignée (Roger Deakins, quand tu nous tiens !), Andrew Niccol semble faire ici le strict minimum par rapport à ce dont il est habituellement capable et fait même preuve par moments d’une paresse désolante. Quant au casting, Justin Timberlake, Amanda Siedfried et Cilian Murphy sont plus ou moins dans la même optique que leur réalisateur, en faisant ni plus ni moins ce qu’on leur demande de faire. On louera cependant le parti pris de vouloir demeurer dans un univers dit « réaliste » en se servant de décors pré-existants et peu filmés pouvant rappeler des films comme Alphaville de Jean Luc Godard ou encore La Jetée de Chris Marker. 

 

 Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Time Out" de Andrew Niccol

 

Malgré une idée originale et de bonnes intentions, Andrew Niccol ne parvient pas à nous faire frissonner de la même manière qu’avec un Bienvenue à Gattaca ou un Lord of War dont les niveaux sont malheureusement bien loin de ce Time Out. On espère qu’il s’agira du cas de figure « un film raté, un film réussi » comme il a pu le démontrer dans le passé (Simone qui précédait Lord of War). Son prochain film, The Host (rien à voir avec le film coréen) nous le dira…

 

Andrew Desmond

 

La Bande Annonce 

jeudi 24 novembre 2011 12:23


"The Artist" de Michel Hazanavicius

StartFragment-->

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "The Artist" de Michel HazanaviciusThe Artist

Durée : 1h40 

Sortie le 12 octobre 2011

 

 

 

Issu de l’école Canal + en tant qu’auteur/scénariste sur des sketches et de long-métrages, Michel Hazanavicius a commencé à faire parler de lui grâce au Grand Détournement, la Classe Américaine (aujourd’hui le nom de sa société de production). Film désormais culte, le métrage reprenait une multitude de célèbres séquences de films américains détournés par le biais d’un montage astucieux et de doublages hilarants. Plusieurs années plus tard, le nom de Hazanavicius fut mis au grand jour avec OSS 117, Le Caire Nid d’espions ainsi que sa suite Rio ne répond plus. Tous deux des succès monstres à la fois populaires et critiques où, par le biais de la brillante prestation de Jean Dujardin, le cinéaste s’amusait à pasticher le personnage de James Bond. Désormais le réalisateur, associé à Thomas Langmann, nous livre son dernier film, The Artist, à la fois hommage et parodie au cinéma Hollywoodien des années 20.

 

 Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "The Artist" de Michel Hazanavicius

 

Hollywood, 1927. George Valentino (Jean Dujardin) est une star immense du cinéma muet. Un jour, il fait la rencontre d’une jeune figurante Peppy Miller (Bérénice Béjo) dont il tombe amoureux et qui, progressivement devient elle aussi une star à son tour lors de l’arrivée du parlant, au grand désarroi de Valentin qui, peu à peu, se voit remplacé...

 

Tourné à Los Angeles pour la modeste somme de 13 millions d’euros, il semblerait tout d’abord que le metteur en scène et son producteur aient trouvé un malin filon à exploiter pour un long-métrage français, à savoir un film muet se déroulant à Hollywood ainsi facilitant les exports et la vie du film à l’étranger. La preuve, le film a depuis été racheté par les frères Weinstein et distribué par Warner Bros (en route pour les oscars !) mais au-delà du simple coup commercial, le film s’impose tout d’abord comme étant un véritable défi technique et artistique. Tourné en pellicule noir et blanc et en 1:33, le film reprend l’esthétique même de mise en scène et le découpage des classiques de l’époque. Ainsi The Artist, truffé de références visuelles, rend hommage à toute une flopée de films et cinéastes cultes dont Orson Welles (à Citizen Kane notamment), Fritz lang, F.W. Murnau, Albert lewin (Le Portrait de Dorian Gray) ou encore King Vidor tout comme les stars de l’époque (Douglas Fairbanks, Giger Rogers, Fred Astaire, …). Un pari et exercice de style remporté haut la main par Hazanavicius et son directeur photo (Guillaume Shiffmann, déjà sur les OSS) grâce à une image et une mise en scène soignée et inventive. De l’utilisation de l’iris aux éclairages expressionnistes en passant par les surimpressions, cadres débullés et plans longs, tout est là et ce, pour notre plus grand plaisir. Si le concept même du film peut rappeler celui de Silent Movie (la Dernière Folie de Mel Brooks), le sujet en revanche évoque clairement Chantons sous la pluie de Gene Kelly et  Stanley Donen en abordant le passage du cinéma muet au parlant bien que traité sous un axe plus sérieux et mélodramatique. On pense notamment au Ed Wood de Tim Burton, le film portant un regard nostalgique sur le cinéma d’une certaine époque, celui de l’âge d’or Hollywoodien.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "The Artist" de Michel Hazanavicius

 

Le résultat est donc un film très drôle mais également très tendre et émouvant faisant la part belle au jeu d’acteur et le casting quatre étoiles : John Goodman en producteur, James Cromwell en major d’homme, Peneloppe Anne Miller (le Grand Saut) dans le rôle de la compagne du personnage principal ou encore Malcom Mc Dowell et Missi Pyle. Mais le plus grand mérite revient au duo d’acteurs principaux du film, Jean Dujardin et Bérénice Béjo. Dujardin, qui n’a clairement pas volé son prix d’interprétation à Cannes en mai dernier, fait preuve d’une palette de jeu extraordinaire et semble se bonifier de film en film depuis 99 Francs de Jan Kounen ou encore le Bruit des Glaçons de Bertrand Blier. On mentionnera également la superbe partition musicale de Ludovic Bource qui s’inspire des canons musicaux cinématographiques de l’époque et va même jusqu’à reprendre certains thèmes (dont l’un des thèmes de Bernard Herrmann du Vertigo de Hitchcock) se mariant brillamment avec les nombreuses séquences imaginées par le réalisateur, les unes plus magiques et étonnantes que les autres.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "The Artist" de Michel Hazanavicius

 

Meilleur film français de 2011 ? Il y a des fortes chances que oui. Quoi qu’il en soit the Artist est sans aucun doute le film le plus audacieux et avant tout original depuis bien longtemps dans le paysage cinématographique français. En espérant désormais que le succès bouche à oreille du film permette éventuellement à Thomas Langmann de remettre  en scelle le Fantomas de Christophe Gans…

  

Andrew Desmond

 

La Bande Annonce

lundi 10 octobre 2011 14:13


"Drive" de Nicolas Winding Refn

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Drive" de Nicolas Winding RefnDrive

Durée : 1h40

Sortie le 2 octobre 2011

 

 

 

Il est rare qu’en 2011 un cinéaste européen parvienne à signer un film sur le sol américain qui soit à la fois réussi et où l’auteur en question parvienne à en tirer au passage une bonne expérience. C’est le cas apparemment pour Nicolas Winding Refn et son nouveau film, Drive. L’auteur danois de la trilogie Pusher s’était déjà pourtant essayé à l’expérience anglo-saxone avec Inside Job (film avec John Turturro passé quasi inaperçu et qui a surtout laissé son auteur endetté) mais également Bronson et Valhalla Rising. Tous tournés en langue anglaise (en Angleterre dans le cas de Bronson, en Ecosse pour Valhalla Rising), les deux derniers cependant avaient rapidement tendance à virer à l’expérience creuse et masturbatoire en optant pour un parti pris très contemplatif et expérimental (le réalisateur a plusieurs fois été qualifié de « Wannabe Kubrick »par de nombreux journalistes). Pour son nouveau film, il semblerait que le cinéaste ait réussi à trouver un juste milieu entre le pur produit commercial américain et l’objet d’art à mi chemin entre Pusher et Valhalla Rising.

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Drive" de Nicolas Winding Refn

 

Chauffeur/cascadeur pour le cinéma de jour, un jeune homme solitaire (Ryan Gosling) conduit des voitures pour des braqueurs de nuit. Un jour il fait la renconter de Irene (Carey Mulligan) sa voisine de pallier dont le mari sort de prison. Celui-ci, contraint de faire un dernier braquage avant de se ranger demande au chauffeur de l’aider…

 

Vainqueur du prix de la mise en scène au festival de Cannes en mai dernier (à juste titre !), Nicolas Winding Refn s’atèle donc cette fois-ci à un film plus classique et linéaire au niveau de la forme et du récit, tout en parvenant à y insuffler sa propre personnalité et sa patte de cinéaste expérimentateur. À partir d’une histoire simple voir même basique (le postulat de départ de Drive est au final quasi identique à celui du Transporteur de Besson) on se retrouve néanmoins transporté de A à Z en majeure partie grâce à la mise en scène de Refn. Millimétrée, efficace et esthétique, le film fourmille de séquences visuellement spectaculaires (la séquence d’ouverture notamment, d’une tension incroyable tout comme celle du braquage au milieu du film, en pleine journée ensoleillée sur un parking). L’utilisation du ralenti, de la focale courte, de la contre-plongée et de travellings élégants viennent parfaitement se marier à la photo superbe de Newton Tomas Siegel (directeur photo attitré de Bryan Singer) ainsi qu’un mixage impressionnant et agressif lors des scènes de bravoure. Viennent se greffer les performances magistrales de Ryan Gosling (d’une retenue renversante !) et de Carey Mulligan ainsi que des seconds rôles solides (Ron Perlman, Albert Brooks…) interprétant des personnages les uns plus étonnants que les autres et avant tout qui existent réellement.

 

 Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Drive" de Nicolas Winding Refn

 

On notera par ailleurs l’influence des années 80 sur le film (les divers choix musicaux qui parsèment le métrage, les titrages d’ouverture…) venant souligner la dimension quasi-expérimentale du film. Ainsi on citera la scène de l’ascenseur ou encore le final où le réalisateur ne filme que les ombres projetées sur le sol de deux hommes en train de se battre. En somme, des touches de poésie servant de contrepoids aux scènes de carnage qui figurent dans le film. Le seul reproche que l’on pourrait éventuellement émettre sur le film serait vis-à-vis du ton global, vacillant souvent entre le premier et le second degré (les morts particulièrement sanglantes de certains personnages presque granguignolesques et venant appuyer une étrange ironie) tout comme le fond du film, peu existant. Peu importe, l’expérience s’avère tellement jouissive et viscérale au final qu’il serait fâcheux de trop pinailler. Tout comme certains avaient dit sur Tarantino à l’époque de Kill Bill, le réalisateur ne raconte pas grand-chose en soit, mais le raconte mieux que personne !

 

Blog de cinecri : http://cinecri.artblog.fr/, "Drive" de Nicolas Winding Refn

 

Film d’une violence et d’une intensité inouïe à l’intérieur duquel sont disséminés des passages aussi lyriques que poétiques, Drive étonne avant tout par le saut qualitatif effectué entre les deux précédents longs métrages de Nicolas Winding Refn et celui-ci. Désormais le cinéaste danois a deux projets en préparation, tous deux avec Ryan Gosling: Only God Forgives se déroulant à Bangkok dans le milieu de la boxe thaïlandaise ainsi que Logan’s Run remake du film de science fiction éponyme des années soixante (l’Age de Cristal en français). Vivement !

 

Andrew Desmond

 

La Bande Annonce

jeudi 06 octobre 2011 13:07


|

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à cinecri

Vous devez être connecté pour ajouter cinecri à vos amis

 
Créer un blog